La fusion du cuivre constitue un maillon critique de la chaîne d’approvisionnement du réseau électrique, de l’industrie de la défense et de celle des véhicules électriques. Présentement, le Canada exporte son concentré de cuivre de la Colombie-Britannique vers la Chine pour sa transformation. Construire une fonderie dans l’Ouest canadien permettrait de générer de la valeur ajoutée, de répondre à la demande mondiale croissante et d’assurer la résilience des chaînes d’approvisionnement pour de nombreux métaux autres que le cuivre.
Le contrôle par la Chine de la métallurgie intermédiaire représente une menace pour la capacité de transformation occidentale. La surcapacité de la Chine en matière de fusion exerce une pression à la baisse sur les frais de traitement et d’affinage, créant des obstacles économiques pour les fonderies non chinoises. Le traitement du concentré de cuivre en Chine fragilise la chaîne d’approvisionnement de secteurs stratégiques et affaiblit l’influence géopolitique et l’autonomie du Canada.
Un projet de fonderie dans l’Ouest canadien, utilisant une technologie sûre et éprouvée, représente une occasion industrielle et pourrait servir de point d’ancrage à un pôle de minéraux critiques. L’Ouest du pays serait l’endroit idéal pour une telle fonderie, qui pourrait également permettre le traitement d’autres métaux, renforçant ainsi la résilience économique du pays.
Ce nouveau rapport du Centre de politique industrielle explore en profondeur l’occasion que représente une fonderie dans l’Ouest canadien pour l’économie du pays et sa compétitivité à long terme.
Faits saillants :
- Le Canada est absent d’un maillon critique de sa propre chaîne de valeur du cuivre. Les mines de la C.-B. exportent du concentré de cuivre brut à l’étranger pour traitement. Construire une fonderie au pays permettrait de garder cette valeur ajoutée au Canada, de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement et de réduire la dépendance aux capacités de traitement étrangères.
- Le Canada doit agir sans attendre. La mainmise croissante de la Chine sur le traitement mondial du cuivre exerce une pression sur les fonderies occidentales à coups de frais de traitement artificiellement bas. Il importe d’agir rapidement pour que le Canada se dote de sa propre capacité de traitement avant que les options ne se réduisent davantage.
- La côte ouest canadienne est l’emplacement optimal. La C.-B. offre une excellente connectivité avec les mines du Yukon et un accès aux matières premières internationales en provenance du Pérou et du Chili, avec de l’énergie hydroélectrique propre déjà disponible sur le réseau, tandis que l’Alberta dispose d’une infrastructure industrielle solide. L’une ou l’autre province constituerait un emplacement de choix pour une fonderie dans l’Ouest canadien.
- La technologie des fonderies modernes est propre, éprouvée et sécuritaire. Des installations similaires fonctionnent avec un plein contrôle environnemental en milieu urbain en Allemagne, en Scandinavie et en Espagne. Le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique commercialisable, et l’arsenic est immobilisé de manière sécuritaire. Il s’agit d’une technologie dont les procédés ont fait leurs preuves.
- Une seule installation peut ancrer la stratégie canadienne en matière de minéraux critiques. Au-delà du cuivre, cette installation pourrait servir de point d’ancrage à un véritable pôle métallurgique, capable de soutenir le traitement du nickel, des terres rares et du phosphate, ainsi que le recyclage de batteries. Elle pourrait ainsi créer un pôle central pour plusieurs chaînes d’approvisionnement stratégiques.
- Le Canada dispose déjà du bon outil de financement. Un contrat sur différence, déjà utilisé avec succès au Canada, peut garantir la viabilité des frais de traitement sans recourir à des subventions gouvernementales ouvertes, assurant ainsi la viabilité financière de la fonderie dans un marché mondial faussé.