La puissance de la transformation : une fonderie dans l’Ouest canadien pour la souveraineté et la sécurité énergétique

Juin, 2026
Par Bentley Allan, Phillip Mackey, Sosthène Ung

La fusion du cuivre constitue un maillon critique de la chaîne d’approvisionnement du réseau électrique, de l’industrie de la défense et de celle des véhicules électriques. Présentement, le Canada exporte son concentré de cuivre de la Colombie-Britannique vers la Chine pour sa transformation. Construire une fonderie dans l’Ouest canadien permettrait de générer de la valeur ajoutée, de répondre à la demande mondiale croissante et d’assurer la résilience des chaînes d’approvisionnement pour de nombreux métaux autres que le cuivre.

Le contrôle par la Chine de la métallurgie intermédiaire représente une menace pour la capacité de transformation occidentale. La surcapacité de la Chine en matière de fusion exerce une pression à la baisse sur les frais de traitement et d’affinage, créant des obstacles économiques pour les fonderies non chinoises. Le traitement du concentré de cuivre en Chine fragilise la chaîne d’approvisionnement de secteurs stratégiques et affaiblit l’influence géopolitique et l’autonomie du Canada.

Un projet de fonderie dans l’Ouest canadien, utilisant une technologie sûre et éprouvée, représente une occasion industrielle et pourrait servir de point d’ancrage à un pôle de minéraux critiques. L’Ouest du pays serait l’endroit idéal pour une telle fonderie, qui pourrait également permettre le traitement d’autres métaux, renforçant ainsi la résilience économique du pays.

Ce nouveau rapport du Centre de politique industrielle explore en profondeur l’occasion que représente une fonderie dans l’Ouest canadien pour l’économie du pays et sa compétitivité à long terme.

 

Faits saillants :

  • Le Canada est absent d’un maillon critique de sa propre chaîne de valeur du cuivre. Les mines de la C.-B. exportent du concentré de cuivre brut à l’étranger pour traitement. Construire une fonderie au pays permettrait de garder cette valeur ajoutée au Canada, de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement et de réduire la dépendance aux capacités de traitement étrangères.
  • Le Canada doit agir sans attendre. La mainmise croissante de la Chine sur le traitement mondial du cuivre exerce une pression sur les fonderies occidentales à coups de frais de traitement artificiellement bas. Il importe d’agir rapidement pour que le Canada se dote de sa propre capacité de traitement avant que les options ne se réduisent davantage.
  • La côte ouest canadienne est l’emplacement optimal. La C.-B. offre une excellente connectivité avec les mines du Yukon et un accès aux matières premières internationales en provenance du Pérou et du Chili, avec de l’énergie hydroélectrique propre déjà disponible sur le réseau, tandis que l’Alberta dispose d’une infrastructure industrielle solide. L’une ou l’autre province constituerait un emplacement de choix pour une fonderie dans l’Ouest canadien.
  • La technologie des fonderies modernes est propre, éprouvée et sécuritaire. Des installations similaires fonctionnent avec un plein contrôle environnemental en milieu urbain en Allemagne, en Scandinavie et en Espagne. Le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique commercialisable, et l’arsenic est immobilisé de manière sécuritaire. Il s’agit d’une technologie dont les procédés ont fait leurs preuves.
  • Une seule installation peut ancrer la stratégie canadienne en matière de minéraux critiques. Au-delà du cuivre, cette installation pourrait servir de point d’ancrage à un véritable pôle métallurgique, capable de soutenir le traitement du nickel, des terres rares et du phosphate, ainsi que le recyclage de batteries. Elle pourrait ainsi créer un pôle central pour plusieurs chaînes d’approvisionnement stratégiques.
  • Le Canada dispose déjà du bon outil de financement. Un contrat sur différence, déjà utilisé avec succès au Canada, peut garantir la viabilité des frais de traitement sans recourir à des subventions gouvernementales ouvertes, assurant ainsi la viabilité financière de la fonderie dans un marché mondial faussé.

À propos de l’auteur

Bentley Allan, PhD

Vice-président, L’économie du futur

Bentley Allan, PhD, est conseiller principal – trajectoires de transition à l’Accélérateur de Transition et professeur associé de sciences politiques à l’université Johns Hopkins. Le professeur Allan est un chercheur qui a obtenu de nombreux prix et qui a écrit sur les dynamiques de l’ordre international, le rapport entre la science et la politique, la politique climatique et l’économie politique de la décarbonation. Il conseille régulièrement le gouvernement et l’industrie en matière de géopolitique, de stratégie industrielle et de politique.

Il a codirigé l’élaboration de trois stratégies sectorielles et de feuilles de route en collaboration avec des partenaires industriels. Il est le co-coordinateur du Centre de Politique Industrielle qui fait avancer la recherche et l’action pour renforcer et mobiliser l’expertise du Canada en matière de politique industrielle moderne, permettant une collaboration stratégique entre le gouvernement, l’industrie, les communautés autochtones, les syndicats et les institutions financières dans la recherche d’emplois et d’une économie compétitive.

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Phillip Mackey, PhD

Président, P.J.Mackey Technology Inc

Phillip Mackey est un métallurgiste reconnu dans le domaine de la métallurgie extractive des métaux non ferreux, ainsi qu’un membre du Temple de la renommée du secteur minier canadien. Il a contribué au développement non pas d’une, mais de deux technologies importantes de fusion du cuivre. M. Mackey a obtenu un baccalauréat ès sciences (B.Sc.) spécialisé et un doctorat de l’École de métallurgie de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Il s’est ensuite établi à Montréal pour se joindre à Noranda, où il a participé, avec d’autres chercheurs, à la mise au point du procédé Noranda dans les années 1970, soit le premier procédé de fusion continue du cuivre au monde, puis au développement conjoint du procédé de conversion Noranda dans les années 1980. Ces procédés sont toujours utilisés dans la seule fonderie de cuivre encore en activité au Canada.

Mackey a également beaucoup travaillé au traitement des minerais de nickel latéritique. Depuis le début des années 1970, il s’intéresse àla consommation d’énergie dans la production de métaux. Fort d’une expérience considérable, il s’est récemment concentré sur les nouvelles technologies de production de métaux dans un contexte de décarbonation.

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Sosthène Ung, PhD

Responsable de l'économie du futur

Sosthène est un responsable de l’économie du futur spécialisé en minéraux critiques et traitement des métaux. Titulaire d’une maîtrise en chimie organique et d’un diplôme en génie chimique de Montpellier en France, il a également obtenu un doctorat en chimie verte à l’Université McGill en 2022. Ses recherches ont porté sur la conception de réactions plus durables pour l’industrie du phosphore. Il a également travaillé comme stagiaire scientifique dans le monde universitaire et dans l’industrie à Taipei et à Shanghai avant de prendre une année sabbatique à l’université de Fudan pour étudier le mandarin.


Passionné par l’éducation et le partage des connaissances avec différents publics, Sosthène a été coordinateur et communicateur scientifique pour Pint of Science Canada et spécialiste en communications pour l’Accélérateur de Transition.

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