Les États-Unis abordent la seconde moitié de la décennie en tant que premier producteur mondial de gaz naturel, de pétrole brut et d’hydrocarbures liquides. Ils en sont toutefois aussi le premier consommateur, ce qui leur confère une position unique au moment où ils réfléchissent à l’avenir de l’énergie et à leur place dans l’ordre énergétique mondial. Le pays est également une démocratie dont les politiques sont redéfinies, parfois radicalement, à chaque nouvelle administration.
Ce rapport d’Energy Intelligence examine l’interaction entre ces deux réalités. Il analyse la façon dont Washington conçoit son rôle de premier producteur mondial d’hydrocarbures dans un ordre énergétique mondial en évolution, les écarts de discours entre les récentes administrations et l’influence réelle de ces positions sur l’offre.
Cette note a été élaborée en partenariat avec l’Institut de l’énergie Trottier (IET) dans le cadre du Global Energy Outlook Forum, qui réunit des dirigeants internationaux du secteur de l’énergie autour des enjeux les plus pressants auxquels le Canada fait face dans la transition énergétique mondiale.
Faits saillants
- La sécurité énergétique des États-Unis repose sur une production intérieure de pétrole et de gaz résiliente et à faible coût. Cette production protège le pays des chocs de prix qui frappent les économies dépendantes des importations.
- L’influence présidentielle sur l’offre américaine de pétrole et de gaz est limitée. D’une administration à l’autre, la croissance de la production a été portée par l’efficacité opérationnelle et la réduction des coûts, plutôt que par les politiques publiques.
- Grâce à un gaz naturel abordable, les consommateurs américains ont été largement épargnés par les flambées des prix de l’électricité observées ailleurs. La hausse des prix est néanmoins de plus en plus attribuée, souvent à tort, aux politiques en faveur des énergies renouvelables.
- Les délais d’obtention des permis ralentissent autant les projets d’énergies fossiles que ceux d’énergie propre. Ce constat représente un rare terrain d’entente d’un bout à l’autre de l’échiquier politique.
- Pour les nouvelles installations de production d’électricité, le solaire et l’éolien terrestre sont désormais moins coûteux que les turbines à gaz. Ce jalon a été franchi des années plus tôt que prévu dans les projections antérieures.
- Portés par la rentabilité du solaire et par la demande des centres de données liée à l’intelligence artificielle (IA), les capitaux privés continuent de stimuler la croissance des énergies renouvelables, quel que soit le climat politique.
- D’ici la fin de la décennie, c’est l’abordabilité de l’énergie, plutôt que la décarbonation, qui demeurera le principal moteur politique.