Adoption des énergies alternatives en Inde : perspectives pour les fournisseurs mondiaux

Septembre, 2026
Par Karthik Ganesan

En Inde, la capacité installée et l’électricité effectivement fournie racontent deux histoires différentes, et l’écart entre les deux définit la transition énergétique du pays. L’Inde a atteint 50 % de capacité installée de sources non fossiles cinq ans plus tôt que prévu. Or, la hausse des températures nocturnes repousse la demande de pointe en soirée, au moment où la production solaire disparaît. Le charbon et le gaz doivent alors couvrir l’électricité fournie pendant cette pointe. Cet écart entre une capacité propre et une production dominée par les combustibles fossiles constitue l’enjeu central de la transition indienne.

L’expérience indienne montre pourquoi la transition énergétique mondiale ne peut se mesurer à la seule capacité installée. Une électricité propre, peu coûteuse et disponible 24 heures sur 24 exige de relever les défis du stockage et de l’équilibrage du réseau, ceux-là mêmes qui conditionnent l’occasion offerte aux pays de la ceinture solaire partout dans le monde. Si elle parvient à trouver cet équilibre, l’Inde sera en mesure de bâtir un système électrique à faible coût, axé sur le solaire. Un tel système pourrait servir d’assise à une industrie propre et concurrentielle, au-delà de la simple atteinte d’objectifs d’électricité propre.

Cette note a été élaborée en partenariat avec l’Institut de l’énergie Trottier (IET) dans le cadre du Global Energy Outlook Forum, qui réunit des dirigeants internationaux du secteur de l’énergie autour des enjeux les plus pressants auxquels le Canada fait face dans la transition énergétique mondiale.

 

Faits saillants

  • L’Inde a atteint 50 % de capacité électrique installée de sources non fossiles à la mi-2025, bien avant l’échéance fixée dans sa contribution déterminée au niveau national. La demande en hydrocarbures demeure toutefois tenace dans le transport lourd de marchandises et la chaleur industrielle.
  • La hausse des températures nocturnes repousse la demande de pointe d’électricité en soirée, précisément au moment où la production solaire disparaît. Il en résulte un écart grandissant entre la capacité renouvelable et l’électricité d’origine fossile réellement fournie.
  • Le charbon demeure la ressource d’équilibrage du système électrique : les centrales sont construites pour garantir la disponibilité en période de pointe plutôt que pour fonctionner en continu. Trop coûteux, le gaz ne sert guère que de réserve d’urgence.
  • Le stockage par batterie progresse rapidement, mais demeure en deçà des besoins du système électrique. Les estimations actuelles sous-évaluent probablement les petits systèmes résidentiels jumelés à des panneaux solaires sur les toits.
  • L’électrification des transports est la plus avancée là où la demande de carburant est la plus faible (véhicules à deux et à trois roues), et la moins avancée là où elle est la plus forte (voitures et camions lourds).
  • L’hydrogène vert reste loin de son objectif pour 2030. Les premiers signaux de prix laissent toutefois entrevoir un réel potentiel de remplacement des importations par l’ammoniac vert.
  • L’expansion du gaz de pétrole liquéfié (GPL) a donné à des millions de ménages accès à une énergie moderne. Cet accès s’est toutefois fait au prix d’une dépendance accrue à des importations acheminées par un seul corridor maritime.

À propos de l’auteur

Karthik Ganesan

Fellow et directeur des partenariats stratégiques, Council on Energy, Environment and Water

Karthik Ganesan est un chercheur chevronné spécialisé dans les enjeux énergétiques et environnementaux, plus particulièrement le système électrique de l’Inde. Au cours de la dernière décennie, il a joué un rôle déterminant dans la conception et la mise sur pied de plusieurs axes de recherche au CEEW, et il apporte un atout distinctif aux travaux d’analyse quantitative des politiques de l’organisation. À titre de directeur des partenariats stratégiques, il agit désormais comme conseiller interne auprès des équipes de recherche. Il crée aussi des plateformes et des partenariats institutionnels qui renforcent les assises du CEEW pour mener des recherches de calibre mondial et en accroître l’impact.

Karthik est titulaire d’une maîtrise en politiques publiques de la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l’Université nationale de Singapour. Il détient aussi un baccalauréat en génie civil ainsi qu’une maîtrise en technologie (M.Tech) en génie des infrastructures de l’Indian Institute of Technology Madras. Passionné d’ornithologie et de Scrabble, il peut parler pendant des heures des bienfaits du compostage.

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Ganesan, K. (2026). Adoption des énergies alternatives en Inde : perspectives pour les fournisseurs mondiaux, L’Accélérateur de transition et Institut de l’énergie Trottier